“Je ne sais pas me vendre…”, la phrase qui fait mal

“Je ne sais pas me vendre”, une phrase que nous avons tou-te-s dite ou entendue au moins une fois, dans notre vie d’indépendant-e-s. Une phrase que nous ne devrions plus jamais prononcer.

En tant qu’entrepreneur-e-s, nos activités sont souvent créées à partir de nos rêves, nos espoirs, nos valeurs, notre personnalité.
Quand nous parlons de nos métiers, nous parlons de nous. Nous créons à partir de qui nous sommes, nous servons nos clients avec qui nous sommes.

Et quand il faut présenter nos services, nos produits… eh bien, nous y allons avec cette impression que c’est “nous” que nous vendons.

Ce sentiment est légitime.

Après tout, quand nous créons une offre, elle sort de nos tripes, de nos cerveaux, de notre imagination. Elle nous ressemble, nous avons de grandes ambitions pour elle, nous espérons qu’elle sera utile, qu’elle donnera envie, qu’elle sera parfaite pour les clients qui l’achèteront.

Et c’est normal, d’avoir à coeur d’aider au mieux nos clients !

Mais, pour autant, cette offre, ce n’est pas nous.
Arrêtons avec cette pression ! Arrêtons avec cette confusion !

Nous ne nous vendons pas : nous ne sommes pas des marchandises.
Nous vendons nos produits, nos services avec coeur et authenticité, ok.
Nous vendons nos produits, nos services avec engagement, stress même, ok.
Nous vendons nos produits, nos services avec l’espoir qu’ils plairont, convaincront, séduiront, … ok.

Mais nous ne nous vendons pas. Jamais. Nous sommes des humain-e-s. Les humain-e-s n’ont pas de valeur marchande.

Et puis, quelle pression folle ! Se vendre, ça veut dire quoi ? Que notre valeur intrinsèque dépend du bon vouloir du marché ? Que si nous ne vendons pas, c’est que nous ne sommes pas assez bien ? Que si nous ne vendons pas, c’est que nous sommes un échec ? Quelle violence, non ?

Je trouve que cette phrase révèle des peurs sous-jacentes (peur de l’échec, du rejet, de l’indifférence, du ridicule…) et rend plus difficile la prise de recul.

Personnellement, en tant qu’indépendante hypersensible, je mets de l’affect, beaucoup d’affect dans mon activité. J’ai créé un métier sur-mesure pour moi, je donne tout avec mes clients… mais pour autant, je n’ai pas l’impression de ME vendre quand je propose mes services.

D’ailleurs, cette expression a aussi un arrière-goût de compromission et de résignation, tu ne trouves pas ?

Comme si nous nous déshumanisions pour ne devenir que des produits à vendre. Comme si nous n’avions pas d’autre choix.

Je préfère largement des phrases telles que : “Je ne sais pas présenter mon activité/ce que je fais”, “Je ne sais pas me valoriser”, “Je ne suis pas à l’aise en parlant de ce que je fais”.

Au moins, ça permet d’avoir des pistes de réflexion et d’actions pour y remédier : je peux apprendre à présenter mon métier, à parler de façon positive de moi, de mes compétences, je peux m’entraîner seul-e ou en groupe, ou me faire coacher…
Bref, ces phrases ouvrent à des solutions.

Mais “je ne sais pas me vendre”, ça ouvre à quoi ?

Sofia


2 réponses

  1. Merci pour cet article passionnant sur le poids des mots. La peur de la mise en visibilité est récurrente chez mes clients et cette phrase revient souvent 😉

  2. Sofia dit :

    Cette phrase est vraiment toxique ! Je vois aussi beaucoup d’entrepreneur-e-s qui “se sabotent par les mots” en quelque sorte, et c’est tellement dommage !

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